L'actualité du recrutement, du marché de l’emploi, les secteurs qui bougent, les pistes à suivre… vus par CADREMPLOI.fr et commentés par les internautes. Règles de participation au blog A propos de l'auteur
L’argent n’est pas sale, sauf dans les offres d’emploi
Aucun
doute là-dessus : c’est le produit de l’année. La maille, la thune, la
fraîche, l’argent, est indéniablement tendance. Nos nouveaux gouvernants
veulent qu’on en gagne plus mais, plus que tout, ils tiennent à nous
décomplexer. Au feu les tabous : dis-moi combien tu gagnes et je te dirai
si tu es un chic type. Mais la réalité est un poil différente de la philosophie
affichée à l’Elysée ou à Bercy. La
France n’est pas l’Amérique et les offres d’emploi ne semblent pas refléter la toute
fraîche volonté d’en haut. Combien d’entre-elles affichent les salaires
proposés ? Trop peu. Sur les raisons de ce silence, les recruteurs se
partagent en deux camps à peu près égaux. Les partisans de la langue de bois et
ceux qui acceptent de parler vrai tout en ne disant pas tout. Pour les
premiers, l’omerta sur les pépètes doit être de rigueur dans une annonce pour
laisser le champ libre au candidat. A lui d’être suffisamment fort pour bien se
connaître et savoir combien il vaut sur le marché. A lui aussi d’être suffisamment
fortiche pour négocier au mieux. Le
second clan des recruteurs qui ne veulent pas afficher le nombre de kilo euros
sur leurs offres lâche tout de même un début d’explications. Pour eux, il est
hors de question de livrer un secret d’état aux concurrents ou aux clients. Donneraient-ils
des salaires inférieurs à la moyenne du marché qu’on les taxerait aussitôt de petits
joueurs. Et s’ils offrent des salaires trop élevés, ce sont leurs chers clients
qui pourraient renâcler au moment de régler leur facture. En revanche, ces
récalcitrants à la transparence pécuniaire peinent à avouer d’autres raisons,
un rien plus sournoises. Car il n’est rien de pire pour rompre la paix sociale
d’une entreprise où l’individualisation des salaires fait loi, que de divulguer
les revenus d’un poste précis. Et puis, une annonce elliptique sur ce point permet
parfois de réaliser de substantielles économies. Imaginons…
Un ingénieur pointu, bourré de diplômes et d’expérience, brillant et sympa
répond à une offre. Comme il a vécu dans un caisson étanche, il n’a aucune idée
de sa valeur et s’imagine que tous les bac+16 sont payés comme des tireurs de
pousse-pousse de Madagascar. Un rêve de pingre qui ne se réalise pas souvent,
mais qui ne se réaliserait jamais si les petites annonces comportaient systématiquement
le montant du salaire proposé.Evidemment,
il y un entre-deux. C’est la fameuse fourchette, plus ou moins large, laissant
plus ou moins le champ à la négociation, à la supputation des concurrents, des
clients ou des autres salariés. Une belle invention que cette fourchette de
salaire. Avec elle, le recruteur peut se la jouer semi-transparent, sans perdre
aucun des avantages de l’opacité. La fourchette, en fait, est une réponse
normande à la décomplexification vis-à-vis de l’argent qui sévit ces temps-ci. Une
réponse française, en fait.
Bravo pour vos analyses et votre liberté de ton ! Effectivement, la plupart des études montrent que c'est le "pèze" qui fait hésiter les plus récalcitrants à quitter une entreprise, que c'est "la maille" qui contraint les autres à détricoter leurs relations avec l'employeur - dans une relation revenue, pour un temps, à celle du "donnant-donnant". Je te donne de mon temps et de mon expérience et suis productif (cocorico, les Français sont champions du monde et ce n'est même pas une tare) et toi, tu me rétribues en conséquence. A quand une véritable pénurie de main d'oeuvre dans toutes les CSP pour que les pingres soient définitivement boutés hors de France ? Et que plutôt que de nous rabâcher le "travailler plus pour gagner plus", on nous parle d'un travail pour tous et de tous vivre mieux ?
Rédigé par
Globetrotter
le 23/07/2007 à 20:27:25
#
Si les salariés français évitent de parler d'argent (de leur salaire), c'est aussi parce qu'il y a des fortes disparités (parfois très injustes) en termes de rémunération au sein d'une même entreprise. De nombreuses entreprises en France copient le business-system américain, en reprenant sélectivement des points qui leur conviennent, à savoir par ex. la distinction entre des salariés "perdants" et des collaborateurs "gagnants", l'extrême financiarisation des activités, la création d'un climat de compétition entre salariés etc. L'authentique système américain est plus complexe, on y trouve une certaine transparence, une éthique (d'origine protestante). Il est plus facile pour le salarié aux USA de quitter sa société en trouvant un nouvel emploi, ou de rebondir après une erreur/échec...Ma conclusion: singer le système américain sans reprendre le tout peut créer un déséquilibre au sein d'une organisation et même au niveau de la société civile. Globe-trotter, consultant en benefits and compensation
Plus je parcoure les annonces d'emploi sur le net, plus je suis atterré par le flou global de ces annonces. Et ce flou commence justement par l'absence de rémunération indicative.
Car si les compétences demandées sont un bon indicatif pour évaluer le salaire qui sera proposé pour un poste, le salaire proposé est aussi une très bonne indication sur le poste proposé et les attendus du futur employeur.
Pauvre France!!! Non pas des dirigeants, mais des voleurs,
Non pas des grosses enseignes mais des égyptiens en quête d'esclaves pour leurs futures pyramides, non pas des petits chefs d'entreprise mais des vaches à lait, non pas des français pauvres mais de pauvres français aux perspectives d'avenir bien sombre guidées par une bande d'énarque fainéant qui se délectent de notre sueur !
Alors à tout ca moi je dis: maçonnerie et travaux de force pour les dirigeants le tout pour mille euros tout rond qu'ils sachent de quoi on vie...désole pour les fautes d'orthographes mais moi j'ai du gagner ma vie très jeune ...
Surtout que dans beaucoup d'annonces, le descriptif du poste n'est pas en adéquation avec le salaire propose à l'entretien.
Si le salaire était indiqué sur l'annonce beaucoup d'offres n'auraient pas de réponse car trop peu payé comparé aux taches et responsabilité énumérées dans le descriptif du poste.
Si jamais le super candidat pouvait demander moins que ce qu'on est prêt à lui offrir... C'est beaucoup ça qui motive la non information sur les salaires ! Toujours ça de gagné...
Encore un très bon sujet, traité avec verve.
Avec des copains étudiants (il y a quelques années!), nous avons listé plus de cent mots d'argot pour dire "argent" en français. C'est dire si nous en parlons sous le manteau, bref à quel point le mot, donc le concept dans nos esprits latins, est sale.
Le plus souvent, nous voudrions qu'il existe un tarif pour les salaires, comme pour un péage d'autoroute ou un ticket de bus, pour ne pas avoir à négocier, pour pouvoir juste grogner quand cela ne nous convient pas!
Et oui: les français n'ont pas, en général, la culture du business (cela s'explique par des siècles de maintien dans l'ignorance), et "certains" en profitent beaucoup. Je propose donc des cours de négociation dès le collège...:-), surtout si vous avez perdu toutes vos billes au jeu en Primaire, c'est un signe.
Si vous ne savez pas combien demander, sachez au moins combien vous rapporterez à l'entreprise, si tout se passe bien (il n'y a pas de raison!). Cela vous confortera dans votre négociation, ou dans votre acceptation de votre salaire.
Un autre problème français: les salaires "de province"...A Montpellier, on m'a dit un jour: "ici, on est payé en francs et en soleil"...
Rédigé par
Domi du ch'nord
le 24/07/2007 à 21:46:29
#
Connaître ou non le salaire proposé par un employeur lors d'une proposition d'emploi ? Vaste débat qui ne remonte pas à hier, mais typique d'un mode purement francophone. Même nos voisins allemands n'ont pas le même rapport à l'argent que nous. Peut-être un héritage inconscient de la Révolution Française, proposée depuis de trop de siècles comme référence à notre soi-disant façon d'être.
Je pencherais plutôt sur un "formatage" de masse du peuple, voulu par ceux qu'on appelle les nantis, ceux qui nous font vivre en nous proposant des emplois (il faut relire cela sur le mode ironique). Mais plus sérieusement, pour avoir été personnellement à mon compte, avec donc un peu plus de dix salariés travaillant avec moi (je ne dis pas pour moi, merci pour le distingo), je me suis aperçu que donner d'entrée une fourchette me faisait "perdre" un bon élément, estimant à juste titre qu'il n'avait rien à faire chez moi, et "récupérer" des personnes à terme improductives car se satisfaisant de ce qui avait été à la base proposé.
Donc, on se retrouve devant un dilemme à savoir s'il est bon de savoir ou non dès le départ sur quelle fourchette le poste proposé se base. Maintenant, là où il est possible d'apporter un élément de comparaison, c'est d'avoir une officine neutre qui puisse régulièrement et en l'actualisant régulièrement présenter les salaires moyens par type de poste.
Parfois, le niveau de salaire est clairement évoqué surtout quand il s'agit de niveler par le bas. La preuve dans cette annonce trouvée sur internet et relevée ce jour:
10 - Date de l'annonce : 23/7/2007
Référence : assadmin0kk10
Poste : Assistant Administratif H/F
Poste basé à : Saint Herblain - 44
Description du poste :
Principales missions : - Gérer des dossiers administratifs. - Saisir des documents sur logiciels Word et Excel.(...)
Profil du candidat :
BTS PME-PMI avec expérience similaire et récente souhaitée.
Salaire : SMIC.
Edifiant!!Si on embauche un bac+2 avec expérience au SMIC, je ne sais pas à quel niveau de sous-SMIC ce recru-tueur espère embaucher une personne sans qualification. Pour certains, les tabous sur les salaires ne semble ici plus exister. Le pire c'est que dans notre situation économique florissante, de nombreuses personnes ayant le niveau de qualification requis vont répondre positivement à cette annonce en acceptant d'être sous payé (et je ne leur en fait pas grief car je suis moi-même dans cette situation salariale).Le recru-tueur aura encore eu raison et les "heureux" élus n'auront plus qu'à travailler plus pour gagner...ce qu'ils valent.
De toutes façons à part pour les profils très atypiques, dans le milieu cadres sup ou ingénieurs, tout se sait: salaires, ambiance, etc. par les réseaux, bruits de couloir et autres... et ce bien avant d'avoir ne serait-ce que le germe de l'idée de postuler...
[Trackback] J'ai lu aujourd'hui même un billet soulignant très justement la grande difficulté à parler d'argent dans une offre d'emploi. Ce billet est bien fait, mais je pense pouvoir ajouter quelque chose : Afficher un salaire permet selon moi de mieux
C'est vrai que passé les premières années pendant lesquelles le jeune salarié est aidé par des enquêtes style "le salaire à la sortie des écoles" qui paraissent dans la presse, le salaire se négocie ensuite quelque part entre la tête du candidat (son expérience, sa force de négociation) et la grille de salaire que l'entreprise veut respecter. La pêche à l'information dans ce domaine est difficile.
Personnellement je suis commercial. Je suis content : j'ai eu +38% en changeant de boite sans changer de fonction, donc je ne me pose pas trop de questions. Mais si dans quelques années je pouvais prétendre à une évolution, avec du management d'équipe par exemple, que demander ? je me dis que si la question se posait aujourd'hui, je serais bien incapable de répondre, ou alors en passant des coups de fil à des anciens élèves de mon Ecole qui auraient déjà la fonction, s'ils veulent bien parler...
Je me rappelle aussi d'avoir vu des cas où le salaire affiché sur l'offre était supérieur au vrai niveau de salaire (annoncé lui en entretien), histoire d'attirer des candidats.
Il existe effectivement un effet pervers à ce " travailler plus pour gagner plus" ... de prime abord cela semblerait une solution sympa tout en partant sur un certain volontariat pour des classes ouvrières ou moyennes.
Les cadres sont exclus de ce système étant donné qu'ils dépendent d'un système de forfait jour.
En revanche, certains employeurs vont en profiter pour ré - estimer à la baisse leur salaires d'embauches et donc les gens travailleront plus pour gagner ce qu'il aurait dû avoir!!
De plus il existe des cas spécifiques comme les personnes travaillant dans le milieu médical qui sont amenées à faire bcp d'heures en plus... leurs salaires sont je pense peu conséquents ... faudra il qu'ils fassent encore plus d'heures ?
Enfin, le SMIC ne cesse de se rapprocher du salaire moyen ceci pousserait peut être effectivement à dire que les salaires proposés ne sont pas ceux qu'ils devraient être en fonction du marché.
Un bac + 2 touche en moyen 1500€ brut et le SMIC est à 1200€brut....
Cela laisse réfléchir !!
... y'a t -il une solution ? si oui je ne l'ai pas.
Le "pognon" est au coeur du business, du sport, du spectacle, on ne parle que des rémunérations pharamineuses des PDG et on voudrait que le cadre moyen ait peur de revendiquer qu'il travaille pour le fric et pas pour la gloire ?
Cette blague ! Les mêmes croient encore que les infirmières sont des bonnes soeurs bénévoles et les profs les hussards de la république... Va falloir se mettre aux nouvelles technologies Mmes et Mrs les recruteurs.
D'ailleurs cette boite qui embauche, elle gagne de l'argent ?
J'ai un carnet d'adresses et plusieurs contrats potentiels sous le bras en venant la rejoindre combien cela vaut-il pour vous ?
Chez Martin-en-face ils me proposent 10% sur ce que je leur ramène.......
Ce n'est pas un cauchemar de recruteur, c'est l'avenir, et on y va ...
1er refrain : "Les trente cinq heures, c'est inadmissible !" disaient nos politiques et le patronat, "Elles nous donnent beaucoup de difficultés pour travailler correctement".
2ème refrain : "Il faut remettre les français au travail, remettre au goût du jour la valeur travail"
Solution : les heures supplémentaires sont défiscalisées pour les travailleurs mais surtout pour le patronat.
Que de cadeaux ! Croyez vous que des heures supplémentaires existeront pour les travailleurs ?
Ne soyons pas dupes, toute personne qui a un peu travaillé, sait que les heures supplémentaires existent quand les carnets de commandes sont pleins. Vu la situation actuelle de notre industrie, j'aimerai connaître les entreprises qui sont dans cette situation. Analysons : des contrats d'emplois basés sur trente cinq heures, des heures sup éventuelles, défiscalisées, donc tout est bénéfice pour l'entreprise. Les salaires ? me dites vous, à terme, tous les salaires vont tendres vers des salaires proposés sur 35 heures, car les salaires basés sur 40 heures vont progressivement disparaître avec les départ en retraite des quinquas !
Maintenant, faut-il donner le montant du salaire proposé pour un poste créé ? Sincèrement, l'entreprise qui embauche aurait tort de donner un chiffre, une fourchette. Pour un poste proposé, combien de candidatures envoyées ? Beaucoup ! Donc, celui qui sera l'élu, à qualification égale sera celui qui demandera le moins. Point de vue un peu simpliste mais qui est un peu vrai.
En France les salaires sont tabous! Dans une même entreprise avec les mêmes coefficients chez nous la fourchette est de 100% au plus bas de la grille et 144% au plus haut, et alors là les salaires sont à la tête du client !!!
moi + de 30 ans d'ancienneté, je gagne moins qu'un jeune avec 5 ans
C.Q.F.D allez chercher une motivation avec ça !!!
Rédigé par
Gilles BRUNEAU
le 25/07/2007 à 22:18:50
#
Vous oubliez quand même que dans la plupart des branches pros, il y a les "minis conventionnels" ! C'est pour ça que l'annonce "BAC + 2 au SMIC" me laisse perplexe .... Et dans toutes les grandes entreprises, les embauches (tout au-moins en début de carrière) se font sur des critères objectifs précis du style "un X - mines = x kilos-euros ou un gadzart = x' ...). Mais après, à chacun selon ses résultats ! Le tout est que chacun sache bien quels sont ses objectifs annuels, et qu'en fin d'année on évalue les résultats au cours d'un entretien salarié/hiérarchique. La pratique de l'entretien annuel est indispensable et doit permettre au plus grand nombre "de retrouver ses petits".
Une opacité des salaires tous azimuts qui fait le jeu des plus confiants. L’exercice de style qu’est le recrutement illustre de la plus criante des manières que sa place dans la société découle déjà de l’idée que l’on donne de soi-même. Une confiance, au final, que chacun est condamnée à travailler. Moi, en premier lieu.
Mais vous n'avez encore rien compris! On est en train de se tiersmondialiser, lentement mais sûrement, même au niveau des remunérations, et tout le monde y passera, sauf certains, car il y a toujours des individus qui sont plus égaux que d'autres.
Soyons réalistes : l'affichage ou non du salaire (réel ou prétendu), ou d'une fourchette, est un outil tactique à la disposition du recruteur. Les sites d'offres d'emploi pourraient l'imposer, mais ils ne le feront pas si tous ne le font pas en même temps -sinon, ils verraient fuir les recruteurs qui leur permettent d'exister.
On peut alors se poser une question (et la poser à Cadremploi) : pourquoi est-il obligatoire de renseigner une fourchette de salaire lorsqu'on inscrit son CV sur le site ? Si on ne le fait pas, on est informé que le CV n'est pas complet à 100% et ne pourra pas être lu pars les recruteurs.
Cadremploi : mettez les candidats à égalité avec les recruteurs et supprimez cette contrainte !
@Groseille : A propos de la tiers-mondialisation de notre pays :
La question à se poser, c'est quid de la Vieille Europe lorsque Chine et Inde nous auront dépassé sur les plans économique et technologique ?
Lorsque le niveau de vie dans ces pays aura atteint un palier convenable à l'ensemble de la population, et que le plein-emploi y sera garanti, les industriels occidentaux (s'il en reste...) devront impérativement trouver d'autres zones offrant une main d'oeuvre "à pas cher".
L'Histoire n'étant qu'un éternel recommencement et l'Economie cyclique, il y a fort à parier que les sites de production des produits manufacturés destinés aux marchés de masse (ex. habillement, électronique grand-public, etc.) se délocaliseront, quittant l'Asie pour... revenir en Europe Occidentale.
En effet : hors de question que les USA deviennent l'usine du Monde (pour des raisons de leadership évidentes); difficile d'imaginer le continent africain accueillant de telles usines (pour des raisons géographico-démographico-économiques), et encore moins le Moyen-Orient (vous voyez des usines Nike à Dubai, vous ?...). Restent donc l'Europe de l'Est : aura d'ici là rejoint la tête des pays développés, et l'Europe de l'Ouest....
[suite]
Alors, lorsqu'on observe l'actuelle explosion des centres logistiques en France, ainsi que la lente dégradation du niveau d'éducation de la Jeunesse tricolore, associée à l'appauvrissement général de la majorité des travailleurs, on peut aisément imaginer que notre pays sera, d'ici quinze-vingt ans, un lieu idéal pour les industriels occidentaux et asiatiques, qui y implanteront leurs sites de production. Main-d'oeuvre malléable (manque d'éducation), pas chère (le SMIC est devenu le salaire de référence), et infrastructures de communications idéales (transports, télécoms, etc.) : que des avantages !
Oui, Groseille: nous allons devenir un pays pauvre, avec un tout petit niveau de vie. Infrastructures usées, dents pourries et peur du lendemain nous attendent.
"Remettre les français au travail"...Ce n'est pas le problème! Car depuis les 35 heures, je ne vois presque plus personne glander, même les cadres - au forfait (comment voulez-vous faire le boulot de 39h en 35, autrement?). Les français sont déjà un peuple de bosseurs, bien formés, inventifs, réactifs, adaptables, responsables et...dévoués.
"Travailler plus pour gagner plus"...Sans blague! Soit le proverbe américain: "It's hard to get ONE Dollar". En effet, ceux (rares) qui ont gravi l'échelle sociale le savent : plus on gagne d'argent, moins il est pénible à gagner, et plus on peut en gagner. Le mérite au travail acharné est une esbroufe digne du Maréchal Pétain.
Quand aux Anglos-Saxons au boulot, le modèle qu'on nous propose, ils sont présents au travail certes, mais ils glandent et resquillent. Vu de mes yeux.
Le soit-disant problème de compétitivité français ne tient pas aux salaires, loin s'en faut: chiffrez donc la part de la masse salariale dans le prix de revient de ce que votre entreprise vend!
On nous le répète: nous ne valons rien. Et c'est faux. Mais on nous fait alors accepter la misère, comme un dû.
C'est très bien vu, effectivement nous sommes en France et non aux Etats-Unis ("travailler plus pour gagner plus" : je pense que nos "gouvernants" connaissent mal notre pays et son mode de fonctionnement).
Quant à cette fameuse fourchette de salaire Keuros brut, elle permet surtout au recruteur de ne pas trop "se mouiller" et de faire jouer encore plus la concurrence entre les candidats : en France on ne recrute pas forcément la meilleure compétence, mais la compétence au prix le plus bas; et là on retrouve bien l'esprit français.
Petit article très bien torché!
Ah que les employeurs sont malins pour faire des économies! Je ne veux pas dire par là qu'ils ont tous les mêmes ambitions, mais bon, soyons réalistes!
Les écarts entre ce que la politique souhaite mettre en avant aujourd'hui pour relancer l'économie nationale et ce que les entrepreneurs font comme choix parce qu'ils sont encore beaucoup trop puissants dans la loi de l'offre et de la demande.
Plus il y a de mains d'oeuvres, moins le travail est valorisé. Même des emplois très pointus en terme de spécialisations se trouvent sous estimer quant à leur valeur. On préferera engager un jeune diplômé sans expérience qui acceptera sans doute pas loin du smic au détriment d'une personne possédant le même diplôme avec expérience en plus et surtout une idée concrète de sa valeur sur le marché.
Le plus inquiétant, est surtout le reflet des mentalités des entreprises! Aujourd'hui, toutes ou presque appliquent la politique du rendement immédiat. Il n'y a plus de valeur ajoutée sur un profil recherché, plus d'investissement au long terme. Il est donc évident qu'un profil adéquat et valorisé sur un marché donné ne sera plus du tout payé de la même façon qu'il y a encore quelques années.
Les progressions sont peut-être plus rapides mais la stabilité de ces résultats est fragile voire inexistante. Les entreprises auraient t'elles un gain plus intéressant à travailler dans l'urgence quitte à perdre en rentabilité sur le long terme?
Province, paris, diplomé ou non je suis d'accord sur une seule chose c'est à vous de négocier votre salaire et si possible en face directe avec le décideur, peu importe les consultants ou autre conseilleurs de bonne fortune ou salariés hiérarchiques n'ayant aucun pouvoir de décision.
Peu importe le titre ronflant qu'on vous propose (souvent à l'anglaise d'ailleurs pour faire plus beau) type area sales manager ou back office accountant....l'intérêt de votre entretien ce sera de savoir si votre poste est un poste clé de l'entreprise et qui rapporte de la marge à votre employeur peu importe le CA , peu importe l'effectif de la société, peu importe les missions pourvues que votre poste soit très rémunérateur pour l'entreprise ...........et vous verrez lors des négociations salariales c'est aisément plus facile.
Eviter, autant que faire se peut, les patrons paternalistes genre on est tous dans le même bateau (nous surtout et affectés à la galère) et les petits chefs (qui doivent demander la permission avant de vous donner une réponse) .bref
conclusion: un salaire ne vaut que par ce qu'il rapporte à l'entreprise une bonne affaire dans un sens ne dure jamais longtemps, il y aura toujours à court terme toujours un mécontent d'un côté ou de l'autre
Rédigé par Rêveur le 23/07/2007 à 19:48:44 #
Bravo pour vos analyses et votre liberté de ton ! Effectivement, la plupart des études montrent que c'est le "pèze" qui fait hésiter les plus récalcitrants à quitter une entreprise, que c'est "la maille" qui contraint les autres à détricoter leurs relations avec l'employeur - dans une relation revenue, pour un temps, à celle du "donnant-donnant". Je te donne de mon temps et de mon expérience et suis productif (cocorico, les Français sont champions du monde et ce n'est même pas une tare) et toi, tu me rétribues en conséquence. A quand une véritable pénurie de main d'oeuvre dans toutes les CSP pour que les pingres soient définitivement boutés hors de France ? Et que plutôt que de nous rabâcher le "travailler plus pour gagner plus", on nous parle d'un travail pour tous et de tous vivre mieux ?
Rédigé par Globetrotter le 23/07/2007 à 20:27:25 #
Si les salariés français évitent de parler d'argent (de leur salaire), c'est aussi parce qu'il y a des fortes disparités (parfois très injustes) en termes de rémunération au sein d'une même entreprise. De nombreuses entreprises en France copient le business-system américain, en reprenant sélectivement des points qui leur conviennent, à savoir par ex. la distinction entre des salariés "perdants" et des collaborateurs "gagnants", l'extrême financiarisation des activités, la création d'un climat de compétition entre salariés etc. L'authentique système américain est plus complexe, on y trouve une certaine transparence, une éthique (d'origine protestante). Il est plus facile pour le salarié aux USA de quitter sa société en trouvant un nouvel emploi, ou de rebondir après une erreur/échec...Ma conclusion: singer le système américain sans reprendre le tout peut créer un déséquilibre au sein d'une organisation et même au niveau de la société civile. Globe-trotter, consultant en benefits and compensation
Rédigé par Vianney le 24/07/2007 à 12:57:45 #
Plus je parcoure les annonces d'emploi sur le net, plus je suis atterré par le flou global de ces annonces. Et ce flou commence justement par l'absence de rémunération indicative.
Car si les compétences demandées sont un bon indicatif pour évaluer le salaire qui sera proposé pour un poste, le salaire proposé est aussi une très bonne indication sur le poste proposé et les attendus du futur employeur.
Le jour où les recruteurs comprendront cela...
Rédigé par fauvel le 24/07/2007 à 16:59:17 #
Pauvre France!!! Non pas des dirigeants, mais des voleurs,
Non pas des grosses enseignes mais des égyptiens en quête d'esclaves pour leurs futures pyramides, non pas des petits chefs d'entreprise mais des vaches à lait, non pas des français pauvres mais de pauvres français aux perspectives d'avenir bien sombre guidées par une bande d'énarque fainéant qui se délectent de notre sueur !
Alors à tout ca moi je dis: maçonnerie et travaux de force pour les dirigeants le tout pour mille euros tout rond qu'ils sachent de quoi on vie...désole pour les fautes d'orthographes mais moi j'ai du gagner ma vie très jeune ...
Rédigé par Alex le 24/07/2007 à 20:08:00 #
Surtout que dans beaucoup d'annonces, le descriptif du poste n'est pas en adéquation avec le salaire propose à l'entretien.
Si le salaire était indiqué sur l'annonce beaucoup d'offres n'auraient pas de réponse car trop peu payé comparé aux taches et responsabilité énumérées dans le descriptif du poste.
Rédigé par Marie M le 24/07/2007 à 21:05:07 #
Si jamais le super candidat pouvait demander moins que ce qu'on est prêt à lui offrir... C'est beaucoup ça qui motive la non information sur les salaires ! Toujours ça de gagné...
On n'en sortira jamais !...
Rédigé par Vieux-dèque le 24/07/2007 à 21:33:53 #
Encore un très bon sujet, traité avec verve.
Avec des copains étudiants (il y a quelques années!), nous avons listé plus de cent mots d'argot pour dire "argent" en français. C'est dire si nous en parlons sous le manteau, bref à quel point le mot, donc le concept dans nos esprits latins, est sale.
Le plus souvent, nous voudrions qu'il existe un tarif pour les salaires, comme pour un péage d'autoroute ou un ticket de bus, pour ne pas avoir à négocier, pour pouvoir juste grogner quand cela ne nous convient pas!
Et oui: les français n'ont pas, en général, la culture du business (cela s'explique par des siècles de maintien dans l'ignorance), et "certains" en profitent beaucoup. Je propose donc des cours de négociation dès le collège...:-), surtout si vous avez perdu toutes vos billes au jeu en Primaire, c'est un signe.
Si vous ne savez pas combien demander, sachez au moins combien vous rapporterez à l'entreprise, si tout se passe bien (il n'y a pas de raison!). Cela vous confortera dans votre négociation, ou dans votre acceptation de votre salaire.
Un autre problème français: les salaires "de province"...A Montpellier, on m'a dit un jour: "ici, on est payé en francs et en soleil"...
Rédigé par Domi du ch'nord le 24/07/2007 à 21:46:29 #
Connaître ou non le salaire proposé par un employeur lors d'une proposition d'emploi ? Vaste débat qui ne remonte pas à hier, mais typique d'un mode purement francophone. Même nos voisins allemands n'ont pas le même rapport à l'argent que nous. Peut-être un héritage inconscient de la Révolution Française, proposée depuis de trop de siècles comme référence à notre soi-disant façon d'être.
Je pencherais plutôt sur un "formatage" de masse du peuple, voulu par ceux qu'on appelle les nantis, ceux qui nous font vivre en nous proposant des emplois (il faut relire cela sur le mode ironique). Mais plus sérieusement, pour avoir été personnellement à mon compte, avec donc un peu plus de dix salariés travaillant avec moi (je ne dis pas pour moi, merci pour le distingo), je me suis aperçu que donner d'entrée une fourchette me faisait "perdre" un bon élément, estimant à juste titre qu'il n'avait rien à faire chez moi, et "récupérer" des personnes à terme improductives car se satisfaisant de ce qui avait été à la base proposé.
Donc, on se retrouve devant un dilemme à savoir s'il est bon de savoir ou non dès le départ sur quelle fourchette le poste proposé se base. Maintenant, là où il est possible d'apporter un élément de comparaison, c'est d'avoir une officine neutre qui puisse régulièrement et en l'actualisant régulièrement présenter les salaires moyens par type de poste.
Rédigé par Thierry le 25/07/2007 à 00:46:33 #
Parfois, le niveau de salaire est clairement évoqué surtout quand il s'agit de niveler par le bas. La preuve dans cette annonce trouvée sur internet et relevée ce jour:
10 - Date de l'annonce : 23/7/2007
Référence : assadmin0kk10
Poste : Assistant Administratif H/F
Poste basé à : Saint Herblain - 44
Description du poste :
Principales missions : - Gérer des dossiers administratifs. - Saisir des documents sur logiciels Word et Excel.(...)
Profil du candidat :
BTS PME-PMI avec expérience similaire et récente souhaitée.
Salaire : SMIC.
Edifiant!!Si on embauche un bac+2 avec expérience au SMIC, je ne sais pas à quel niveau de sous-SMIC ce recru-tueur espère embaucher une personne sans qualification. Pour certains, les tabous sur les salaires ne semble ici plus exister. Le pire c'est que dans notre situation économique florissante, de nombreuses personnes ayant le niveau de qualification requis vont répondre positivement à cette annonce en acceptant d'être sous payé (et je ne leur en fait pas grief car je suis moi-même dans cette situation salariale).Le recru-tueur aura encore eu raison et les "heureux" élus n'auront plus qu'à travailler plus pour gagner...ce qu'ils valent.
Rédigé par lanymphette le 25/07/2007 à 08:46:11 #
De toutes façons à part pour les profils très atypiques, dans le milieu cadres sup ou ingénieurs, tout se sait: salaires, ambiance, etc. par les réseaux, bruits de couloir et autres... et ce bien avant d'avoir ne serait-ce que le germe de l'idée de postuler...
Rédigé par Le Blog du Freelance le 25/07/2007 à 09:56:58 #
[Trackback] J'ai lu aujourd'hui même un billet soulignant très justement la grande difficulté à parler d'argent dans une offre d'emploi. Ce billet est bien fait, mais je pense pouvoir ajouter quelque chose : Afficher un salaire permet selon moi de mieux
Rédigé par Arnaud le 25/07/2007 à 11:54:31 #
C'est vrai que passé les premières années pendant lesquelles le jeune salarié est aidé par des enquêtes style "le salaire à la sortie des écoles" qui paraissent dans la presse, le salaire se négocie ensuite quelque part entre la tête du candidat (son expérience, sa force de négociation) et la grille de salaire que l'entreprise veut respecter. La pêche à l'information dans ce domaine est difficile.
Personnellement je suis commercial. Je suis content : j'ai eu +38% en changeant de boite sans changer de fonction, donc je ne me pose pas trop de questions. Mais si dans quelques années je pouvais prétendre à une évolution, avec du management d'équipe par exemple, que demander ? je me dis que si la question se posait aujourd'hui, je serais bien incapable de répondre, ou alors en passant des coups de fil à des anciens élèves de mon Ecole qui auraient déjà la fonction, s'ils veulent bien parler...
Rédigé par V. le 25/07/2007 à 12:02:47 #
Je me rappelle aussi d'avoir vu des cas où le salaire affiché sur l'offre était supérieur au vrai niveau de salaire (annoncé lui en entretien), histoire d'attirer des candidats.
Rédigé par delf du sud le 25/07/2007 à 15:32:40 #
Il existe effectivement un effet pervers à ce " travailler plus pour gagner plus" ... de prime abord cela semblerait une solution sympa tout en partant sur un certain volontariat pour des classes ouvrières ou moyennes.
Les cadres sont exclus de ce système étant donné qu'ils dépendent d'un système de forfait jour.
En revanche, certains employeurs vont en profiter pour ré - estimer à la baisse leur salaires d'embauches et donc les gens travailleront plus pour gagner ce qu'il aurait dû avoir!!
De plus il existe des cas spécifiques comme les personnes travaillant dans le milieu médical qui sont amenées à faire bcp d'heures en plus... leurs salaires sont je pense peu conséquents ... faudra il qu'ils fassent encore plus d'heures ?
Enfin, le SMIC ne cesse de se rapprocher du salaire moyen ceci pousserait peut être effectivement à dire que les salaires proposés ne sont pas ceux qu'ils devraient être en fonction du marché.
Un bac + 2 touche en moyen 1500€ brut et le SMIC est à 1200€brut....
Cela laisse réfléchir !!
... y'a t -il une solution ? si oui je ne l'ai pas.
Rédigé par Maxerem le 25/07/2007 à 15:37:29 #
Le "pognon" est au coeur du business, du sport, du spectacle, on ne parle que des rémunérations pharamineuses des PDG et on voudrait que le cadre moyen ait peur de revendiquer qu'il travaille pour le fric et pas pour la gloire ?
Cette blague ! Les mêmes croient encore que les infirmières sont des bonnes soeurs bénévoles et les profs les hussards de la république... Va falloir se mettre aux nouvelles technologies Mmes et Mrs les recruteurs.
D'ailleurs cette boite qui embauche, elle gagne de l'argent ?
J'ai un carnet d'adresses et plusieurs contrats potentiels sous le bras en venant la rejoindre combien cela vaut-il pour vous ?
Chez Martin-en-face ils me proposent 10% sur ce que je leur ramène.......
Ce n'est pas un cauchemar de recruteur, c'est l'avenir, et on y va ...
Rédigé par Nath le 25/07/2007 à 16:27:24 #
Merci pour ces interventions passionnantes qui me font réfléchir !
Rédigé par Gérard le 25/07/2007 à 17:37:31 #
1er refrain : "Les trente cinq heures, c'est inadmissible !" disaient nos politiques et le patronat, "Elles nous donnent beaucoup de difficultés pour travailler correctement".
2ème refrain : "Il faut remettre les français au travail, remettre au goût du jour la valeur travail"
Solution : les heures supplémentaires sont défiscalisées pour les travailleurs mais surtout pour le patronat.
Que de cadeaux ! Croyez vous que des heures supplémentaires existeront pour les travailleurs ?
Ne soyons pas dupes, toute personne qui a un peu travaillé, sait que les heures supplémentaires existent quand les carnets de commandes sont pleins. Vu la situation actuelle de notre industrie, j'aimerai connaître les entreprises qui sont dans cette situation. Analysons : des contrats d'emplois basés sur trente cinq heures, des heures sup éventuelles, défiscalisées, donc tout est bénéfice pour l'entreprise. Les salaires ? me dites vous, à terme, tous les salaires vont tendres vers des salaires proposés sur 35 heures, car les salaires basés sur 40 heures vont progressivement disparaître avec les départ en retraite des quinquas !
Maintenant, faut-il donner le montant du salaire proposé pour un poste créé ? Sincèrement, l'entreprise qui embauche aurait tort de donner un chiffre, une fourchette. Pour un poste proposé, combien de candidatures envoyées ? Beaucoup ! Donc, celui qui sera l'élu, à qualification égale sera celui qui demandera le moins. Point de vue un peu simpliste mais qui est un peu vrai.
Rédigé par lange le 25/07/2007 à 17:45:27 #
En France les salaires sont tabous! Dans une même entreprise avec les mêmes coefficients chez nous la fourchette est de 100% au plus bas de la grille et 144% au plus haut, et alors là les salaires sont à la tête du client !!!
moi + de 30 ans d'ancienneté, je gagne moins qu'un jeune avec 5 ans
C.Q.F.D allez chercher une motivation avec ça !!!
Rédigé par Gilles BRUNEAU le 25/07/2007 à 22:18:50 #
Vous oubliez quand même que dans la plupart des branches pros, il y a les "minis conventionnels" ! C'est pour ça que l'annonce "BAC + 2 au SMIC" me laisse perplexe .... Et dans toutes les grandes entreprises, les embauches (tout au-moins en début de carrière) se font sur des critères objectifs précis du style "un X - mines = x kilos-euros ou un gadzart = x' ...). Mais après, à chacun selon ses résultats ! Le tout est que chacun sache bien quels sont ses objectifs annuels, et qu'en fin d'année on évalue les résultats au cours d'un entretien salarié/hiérarchique. La pratique de l'entretien annuel est indispensable et doit permettre au plus grand nombre "de retrouver ses petits".
Rédigé par Pascal le 26/07/2007 à 17:36:54 #
Une opacité des salaires tous azimuts qui fait le jeu des plus confiants. L’exercice de style qu’est le recrutement illustre de la plus criante des manières que sa place dans la société découle déjà de l’idée que l’on donne de soi-même. Une confiance, au final, que chacun est condamnée à travailler. Moi, en premier lieu.
Rédigé par Groseille le 26/07/2007 à 21:24:01 #
Mais vous n'avez encore rien compris! On est en train de se tiersmondialiser, lentement mais sûrement, même au niveau des remunérations, et tout le monde y passera, sauf certains, car il y a toujours des individus qui sont plus égaux que d'autres.
Rédigé par Thomas le 27/07/2007 à 12:14:41 #
Soyons réalistes : l'affichage ou non du salaire (réel ou prétendu), ou d'une fourchette, est un outil tactique à la disposition du recruteur. Les sites d'offres d'emploi pourraient l'imposer, mais ils ne le feront pas si tous ne le font pas en même temps -sinon, ils verraient fuir les recruteurs qui leur permettent d'exister.
On peut alors se poser une question (et la poser à Cadremploi) : pourquoi est-il obligatoire de renseigner une fourchette de salaire lorsqu'on inscrit son CV sur le site ? Si on ne le fait pas, on est informé que le CV n'est pas complet à 100% et ne pourra pas être lu pars les recruteurs.
Cadremploi : mettez les candidats à égalité avec les recruteurs et supprimez cette contrainte !
Rédigé par Marc Duchesne le 27/07/2007 à 16:57:01 #
@Groseille : A propos de la tiers-mondialisation de notre pays :
La question à se poser, c'est quid de la Vieille Europe lorsque Chine et Inde nous auront dépassé sur les plans économique et technologique ?
Lorsque le niveau de vie dans ces pays aura atteint un palier convenable à l'ensemble de la population, et que le plein-emploi y sera garanti, les industriels occidentaux (s'il en reste...) devront impérativement trouver d'autres zones offrant une main d'oeuvre "à pas cher".
L'Histoire n'étant qu'un éternel recommencement et l'Economie cyclique, il y a fort à parier que les sites de production des produits manufacturés destinés aux marchés de masse (ex. habillement, électronique grand-public, etc.) se délocaliseront, quittant l'Asie pour... revenir en Europe Occidentale.
En effet : hors de question que les USA deviennent l'usine du Monde (pour des raisons de leadership évidentes); difficile d'imaginer le continent africain accueillant de telles usines (pour des raisons géographico-démographico-économiques), et encore moins le Moyen-Orient (vous voyez des usines Nike à Dubai, vous ?...). Restent donc l'Europe de l'Est : aura d'ici là rejoint la tête des pays développés, et l'Europe de l'Ouest....
[suite]
Rédigé par Marc Duchesne le 27/07/2007 à 17:00:45 #
[suite]
Alors, lorsqu'on observe l'actuelle explosion des centres logistiques en France, ainsi que la lente dégradation du niveau d'éducation de la Jeunesse tricolore, associée à l'appauvrissement général de la majorité des travailleurs, on peut aisément imaginer que notre pays sera, d'ici quinze-vingt ans, un lieu idéal pour les industriels occidentaux et asiatiques, qui y implanteront leurs sites de production. Main-d'oeuvre malléable (manque d'éducation), pas chère (le SMIC est devenu le salaire de référence), et infrastructures de communications idéales (transports, télécoms, etc.) : que des avantages !
Rédigé par Vieux-Déque le 27/07/2007 à 22:29:55 #
Oui, Groseille: nous allons devenir un pays pauvre, avec un tout petit niveau de vie. Infrastructures usées, dents pourries et peur du lendemain nous attendent.
"Remettre les français au travail"...Ce n'est pas le problème! Car depuis les 35 heures, je ne vois presque plus personne glander, même les cadres - au forfait (comment voulez-vous faire le boulot de 39h en 35, autrement?). Les français sont déjà un peuple de bosseurs, bien formés, inventifs, réactifs, adaptables, responsables et...dévoués.
"Travailler plus pour gagner plus"...Sans blague! Soit le proverbe américain: "It's hard to get ONE Dollar". En effet, ceux (rares) qui ont gravi l'échelle sociale le savent : plus on gagne d'argent, moins il est pénible à gagner, et plus on peut en gagner. Le mérite au travail acharné est une esbroufe digne du Maréchal Pétain.
Quand aux Anglos-Saxons au boulot, le modèle qu'on nous propose, ils sont présents au travail certes, mais ils glandent et resquillent. Vu de mes yeux.
Le soit-disant problème de compétitivité français ne tient pas aux salaires, loin s'en faut: chiffrez donc la part de la masse salariale dans le prix de revient de ce que votre entreprise vend!
On nous le répète: nous ne valons rien. Et c'est faux. Mais on nous fait alors accepter la misère, comme un dû.
Rédigé par le lyonnais le 01/08/2007 à 10:16:38 #
C'est très bien vu, effectivement nous sommes en France et non aux Etats-Unis ("travailler plus pour gagner plus" : je pense que nos "gouvernants" connaissent mal notre pays et son mode de fonctionnement).
Quant à cette fameuse fourchette de salaire Keuros brut, elle permet surtout au recruteur de ne pas trop "se mouiller" et de faire jouer encore plus la concurrence entre les candidats : en France on ne recrute pas forcément la meilleure compétence, mais la compétence au prix le plus bas; et là on retrouve bien l'esprit français.
Rédigé par Novocaïne le 06/08/2007 à 11:46:02 #
Petit article très bien torché!
Ah que les employeurs sont malins pour faire des économies! Je ne veux pas dire par là qu'ils ont tous les mêmes ambitions, mais bon, soyons réalistes!
Les écarts entre ce que la politique souhaite mettre en avant aujourd'hui pour relancer l'économie nationale et ce que les entrepreneurs font comme choix parce qu'ils sont encore beaucoup trop puissants dans la loi de l'offre et de la demande.
Plus il y a de mains d'oeuvres, moins le travail est valorisé. Même des emplois très pointus en terme de spécialisations se trouvent sous estimer quant à leur valeur. On préferera engager un jeune diplômé sans expérience qui acceptera sans doute pas loin du smic au détriment d'une personne possédant le même diplôme avec expérience en plus et surtout une idée concrète de sa valeur sur le marché.
Le plus inquiétant, est surtout le reflet des mentalités des entreprises! Aujourd'hui, toutes ou presque appliquent la politique du rendement immédiat. Il n'y a plus de valeur ajoutée sur un profil recherché, plus d'investissement au long terme. Il est donc évident qu'un profil adéquat et valorisé sur un marché donné ne sera plus du tout payé de la même façon qu'il y a encore quelques années.
Les progressions sont peut-être plus rapides mais la stabilité de ces résultats est fragile voire inexistante. Les entreprises auraient t'elles un gain plus intéressant à travailler dans l'urgence quitte à perdre en rentabilité sur le long terme?
Rédigé par anonyme le 19/08/2007 à 14:26:39 #
Province, paris, diplomé ou non je suis d'accord sur une seule chose c'est à vous de négocier votre salaire et si possible en face directe avec le décideur, peu importe les consultants ou autre conseilleurs de bonne fortune ou salariés hiérarchiques n'ayant aucun pouvoir de décision.
Peu importe le titre ronflant qu'on vous propose (souvent à l'anglaise d'ailleurs pour faire plus beau) type area sales manager ou back office accountant....l'intérêt de votre entretien ce sera de savoir si votre poste est un poste clé de l'entreprise et qui rapporte de la marge à votre employeur peu importe le CA , peu importe l'effectif de la société, peu importe les missions pourvues que votre poste soit très rémunérateur pour l'entreprise ...........et vous verrez lors des négociations salariales c'est aisément plus facile.
Eviter, autant que faire se peut, les patrons paternalistes genre on est tous dans le même bateau (nous surtout et affectés à la galère) et les petits chefs (qui doivent demander la permission avant de vous donner une réponse) .bref
conclusion: un salaire ne vaut que par ce qu'il rapporte à l'entreprise une bonne affaire dans un sens ne dure jamais longtemps, il y aura toujours à court terme toujours un mécontent d'un côté ou de l'autre