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Edito  17.03.2008

La ménagère high potential

C’est une honte internationale. Un truc qu’on n’avouera jamais. Surtout pas à un recruteur. Comment ? De quoi ? On s’est permis un break de carrière ? Une coupure sur le sentier de la gloire ? Une ou deux années sabbatiques, voire plus, pour s’occuper de la maison, des bambins, de son mari, du potager et du stretching ? Des moments qu’on a adorés. Mais qu’on est prié de garder pour soi. Ne surtout rien dire, jamais, même sous la torture. Une rubrique « femme au foyer » sur un CV et c’est le gadin assuré à la première candidature.

 

Combien sont-elles, les ménagères de moins de 50 ans qui souffrent de cette infamie ? On ne sait même pas. Et les statisticiens ne le savent pas non plus, les reléguant dans la case « inactives », avec les retraités et les étudiantes. Et voilà qu’enfin, du fin fond de l’Angleterre, une bonne nouvelle pourrait bien leur redonner, sinon de l’espoir, du moins une meilleure estime d’elles-mêmes. Les housewives de la perfide Albion, réunies sous la bannière d’un site communautaire (http://www.alljoinon.com/) se sont demandées combien elles valaient. Combien leur boulot quotidien pouvait être rémunéré. 4 000 d’entre elles ont joué le jeu et ouvert leur agenda démentiel. Résultat : s’il fallait rémunérer chaque tâche au prix du marché, ces dames devraient toucher un salaire mensuel de 3 300 euros pour assurer baby sitting, ménage, cuisine, soutien scolaire, repassage et autres joyeusetés neuf heures par jour et sept jours sur sept. Pas mal. Surtout si l’on compare cette somme au salaire moyen des cadres français calculé par l’Insee et qui s’élevait, en 2007, à 3 530 euros par mois. Pas vraiment de quoi rougir si on considère qu’en plus les femmes sont moins bien payées que les hommes.

 

Les voilà donc rassurées, en partie, sur leur valeur en termes pécuniaires. Mais cette étude n’est pas seulement intéressante en terme de pépètes virtuelles. Elle éclaire bigrement sur les compétences de ces femmes réputées « sans travail ». Car elles ressemblent  à s’y méprendre à celles exigées chez les high potential aujourd’hui. Une bonne capacité de travail ? Nos ménagères s’enquillent 63 heures de travail par semaine sans broncher. Une autonomie sans faille ? Nul besoin de les chaperonner,  elles savent s’acquitter de leurs tâches et j’en connais qui se donnent même des objectifs, histoire de pimenter le quotidien. Une gestion du temps irréprochable ?  Evidemment, les reines du domestique sont capables, et obligées, de traiter plusieurs affaires en même temps. Gérer des personnalités difficiles ? Non contente de manager leur couvée, souvent plus ingérable qu’un bataillon de collaborateurs plus ou moins motivés, elles sont passées maître en désamorçage de conflits. Certaines femmes au foyer ne sont rien moins que des  hyperspécialistes doublées de manager hors pair. Ça vous rappelle quelque chose ?

 

Evidemment, tout cela est bel et beau.

 

Mais quand elles se présentent sur le marché du travail pour faire valoir leurs talents, elles doivent faire face aux sarcasmes des recruteurs –  et des recruteuses aussi. Pourtant, le ciel semble s’éclaircir. Car du côté des messieurs trentenaires, la situation s’améliore. Selon une autre étude, commanditée par l’agence conseil Equilibres à l’institut LH2, il semblerait que 33% des hommes managers  osent des renoncements professionnels pour s’occuper de leurs familles. 52% avouent jouer les équilibristes pour ne pas laisser leur compagne assumer seule les contraintes domestiques. Une bonne nouvelle pour les filles qui veulent tout : la vie de famille et le boulot épanouissant. C’est sans compter sur le temps qui passe. Car selon la même étude, les hommes se voient comme des pourvoyeurs de revenus dès qu’ils ont atteint la quarantaine. En d’autres termes, ils font bouillir la marmite pendant que Bobonne s’occupe de la logistique. Chassez l’aspirateur et les réunions de parents d’élèves, ils reviennent au galop.

Rédigé par Sylvia Di Pasquale/Cadremploi
Tags :
: femmes
Commentaires

Rédigé par wolfgang le 17/03/2008 à 19:21:10 #

Pas de parano : c'est pareil pour le garçons.... Pas moyen de faire un break à mi carrière sous peine d'être caramélisé vis à vis des recruteurs francais. je sais de quoi je parle je viens de reprendre le boulot avec une boite étrangère après avoir été recruté par des étrangers et sans avoir vu un seul gaulois. Sinon pendant 18 mois, j'ai vu un nombre incalculable d'abrutis qui m'ont soulé avec leur graphologie, leurs questions "ne pensez vous pas que vous avez laché la proie pour l'ombre?", leur méconnaissance parfaite et sans complexe de secteurs dont ils sont censés être les spécialistes, leur vague ennui de cadres qui font du recrutement parce qu'ils se sont fait lourdés 4 fois en 8 ans de postes de manager (parce qu'au fond ils ne sont que consultants et qu'en dehors de parler de ce qu'ils ne connaissent pas avec plus d'aplomb que nous, et bien, ils foirent tout ce qu'ils touchent!)

Rédigé par Nathalie le 18/03/2008 à 11:02:41 #

J'aprouve complètement cet article...Dommage qu'il stoppe vers la fin et n'incite pas plus les employeurs à reconnaître VRAIMENT ces aptitudes : je suis maman de 4 enfants, en "exercice" pour la société (et mon portefeuille !!!) et mes journées de 18 heures sont incomprises de la plupart de mes concitoyens...Quand j'annonce que j'ai besoin de mon dimanche pour DORMIR (!) 5 heures de plus : LA HONTE !!! Il paraît que je fais peur aux poules qui se couchent moins tôt que moi !!!!! je m'endors TOUS LES SOIRS à minuit pour me réveiller à 5h45 tous les matins...je baigne, torche, cuisine, gronde, console, nettoie (et tout ça pas nécessairement QUE chez moi [je suis Assistante de Direction]...J'aimerais bien laisser mon "poste" à "Plein-plein" temps 6 mois à ces chers employeurs...ils verraient de quoi il retournent et arrêteraient de faire du sectaire pour nous donner un peu plus de concret en terme de rémunération et de RESPECT !

Rédigé par MATHIS Séverine le 18/03/2008 à 11:43:10 #

ah mais voilà un article qui me touche droit au coeur même si je suis sans réelle illusion au sujet de l'évolution des mentalités relatives au sujet traité qui de toutes façons ....ne s'opérera jamais !!
D'ailleurs c'est une femme qui a rédigé votre article, un homme se serait senti très moyennement concerné voire pas du tout même si ce sont eux qui râlent le plus quand on leur laissent les petits deux heures d'affilée : " mais c'est ingérable tes gosses ! "" ah bon mais ce sont les tiens aussi ! et je croyais que rester à la maison c'était tout repos ! "
moi après 9 ans de vie prof intense ds les RH j'ai fait une pause d'un an pour mettre au monde mon second mais il a fallu batailler avec mon cher compagnon pour qu'il accepte le deal. tellement de choses se jouent alors : l'image valorisée qu'il a de nous lorsqu'on travaille ( c'est ma copine, elle a un bon job j'en suis fier ! ) et qui s'écroule quand on reste à la maison ( pourtant je suis pas du style jogging - pantoufles at home !), le fric qui pointe le bout de son nez alors qu'on l'attendait pas ici ( ah mais je veux pas financer ton congé sabbatique- qui n'en est pas un !), l'exigence du compagnon qui a l'impression que rester à la maison = être une Bree-like et j'en passe de meilleurs ...
Après ça allez apprécier votre année à la maison sans culpabilité ni remords !
Maintenant faut allez expliquer tout ça à nos chers recruteurs quand on décide de reprendre une vie plus " normale " !

Rédigé par pilou le 18/03/2008 à 16:08:56 #

Ouais... Ingénieur, avec MBA, 7 ans d'expériences. 3 ans d'arrêt pour mes 3 bouts de chou. Plus possible de trouver un boulot... Pourtant, je ne suis pas difficile... Je ne vais quand même pas me reconvertir en prof!!! Moi qui adore le milieu des ingénieurs, de l'entreprise, les projets qui bougent... Et qui fait des crises d'urticaires à entendre les profs gueuler dans la rue...C'est d'actualité! Reste la création d'activité... Sacré challenge pour une mère de famille! Peut-être en 2009...
Bon, je vais renvoyer 30 lettres, mais par courrier postal, cette fois, peut-être que ça étonnera tellement, dans notre monde tout numérique, que ça ne sera pas jeté dans les 3 premières secondes!!!

Rédigé par balibalo le 18/03/2008 à 17:22:51 #

Il est temps que le terme "d'homme moderne" trouve vraiment un sens. Quand ma femme a eu notre enfant, j'ai volontairement décidé de repenser ma vie professionnelle. Finis les horaires impossibles, j'ai choisi d'aménager mon emploi du temps. Les sorties de crèches ont animé mon quotidien pendant plus d'un an et j'en suis très heureux. Une fois le "cap" des premières années passées, j'ai pu de nouveau m'investir un peu plus dans mon travail et ce, avec un point de vue différent voire plus "mature" sur ma carrière. Celle-ci n'en a été que plus intéressante.

Rédigé par Aurélaye le 18/03/2008 à 17:24:53 #

Tout cela est bien joli, mais le problème n'est pas d'être capable d'assumer 63 heures de travail hebdomadaires à la maison, c'est de cumuler deux emplois: un bon 35 heures en plus de nounou-crèche, + un bon 40-50 heures pour une fonction cadre...Et c'est de là que vient le sarcasme

Rédigé par Dexter le 18/03/2008 à 17:32:56 #

Autre avis de garçon.
Point de vue identique à Wolfgang.
De retour de l'étranger j'ai rencontré quelque uns et malheureusement quelques unes de ces béotien(ne)s du recrutement.
Il faut croire que l'incompétence des DRH est générale.
Peut-être est-ce du à leur jeunesse ?

De toute façon les entreprises font du KM (knowledge management) pour refiler les compétences qui partent à l'âge canonique de 45 ans aux secrétaires (SIC !!!)

Ceux (celles) ci, DRH, englué(e)s dans leur aprioris, ne savent pas ce qu'est un transfert expérience ?

Comment voulez-vous que des "djeunes" de 25 ans reconnaissent des femmes et les hommes qui acquièrent des savoir-faire ou des savoir-être dont ils n'ont aucune idée ?

Ne songez pas non plus à vous lancer dans une entreprise perso.
Vous serez la proie des plus gros !
Et vous viderez vos petites économies avant d'avoir pu commencer.

Rédigé par DEPASSE-MAZEMAN le 18/03/2008 à 19:27:08 #

J'approue,j'approuve cet article et milite pour l'aide au retour à l'emploi des mères de famille ! Recruteurs, qu'on se le dise... Et s'occuper d'enfants (j'en ai 2 de 7 et 6 ans) ainsi que des tâches ménagères est bien plus stressant que la vie au bureau ! Que les recruteurs en herbe le sachent et laissent leurs chances à celles qui veulent réintéger la vie professionnelle !

Signé :

Une maman de 44 ans

Rédigé par Vicnent le 18/03/2008 à 19:43:45 #

hum.

Ingénieur, 36 ans. Je sors d'une année sabbatique.
recherche de boulot et 2 mois après, 2 proposition fermes à 80 k€.

Donc...


Rédigé par Vanessa le 18/03/2008 à 21:01:09 #

oh que ça me parle cet article...
En congé parental plus ou moins forcé (disons que c'était CPE ou chômage à mon retour de congé mater) je me suis dit qu'il ne fallait pas rester "inactive"... Donc j'ai profité du CPE pour reprendre mes études (jonglant avec le e-learning, les heures de cours, les gardes de mon bébé, l'école de la grande, travaillant mes cours et mémoire la nuit, etc.), validant Licence, Master 1 et 2 (et rédigeant 2 mémoires de 150 pages chacun sur un sujet en rapport avec mon expérience et mon projet professionnel) histoire de faire coincider mon expérience d'autodidacte avec mon niveau universitaire...

Et que pensez-vous qu'il arriva ?

Ben rien, nada, que dalle...
Je rame pire que Daboville et Fontenoy réunis pour retrouver un travail en rapport avec mon expérience et mon niveau universitaire... J'ai même un gros gougeat qui m'a dit texto, alors que je le relançais suite à une réponse sans suite à une petite annonce faite pour moi : "MAIS POURQUOI VOULEZ-VOUS QUE JE VOUS CONVOQUE A L'ENTRETIEN ? VOUS N'AVEZ RIEN FOUTU DEPUIS 3 ANS !!!" La messe est dite...

Du coup je suppose qu'il ne me restera que la création d'entreprise si j'espère retrouver un jour du travail...

Rédigé par Jean-Claude le 18/03/2008 à 21:49:59 #

Si ça peut rassurer Pilou, d'après mon expérience il n'y a même pas besoin de s'arrêter 3 ans pour galèrer à la reprise.
15 ans de carrière, ingénieur aussi, avec MBA aussi, je me suis arrêté 1 an... pour faire ce MBA.
Après 9 mois de recherche, une vrai gestation, et près de 150 candidatures (ciblées bien entendues, pas du mailing au hasard), et bien rien. A peine une poignée d'entretiens ne menant nulle part.
Et je rejoins la complètement le commentaire de Wolfgang à propos des recruteurs Français. Heureusement les cabinets Anglais sont plus dynamiques et en un mot professionnels.
La répétition des articles Cadremploi sur le supposé plein emploi des cadres, l'or brut que représentent les doubles formations, le manque cruel de manager... tout ça me fait doucement rigoler.
Pour boucler la boucle et retomber sur le sujet du jour, je me posais des questions sur la possibilité de faire un break à l'occasion de l'arrivée prochaine d'un heureux évènement... Ce blog me fourni une réponse toute trouvée.
Bien à vous.

Rédigé par ipok le 18/03/2008 à 22:12:25 #

Chère Séverine, chère Sylvia, et aussi probablement la plupart des femmes qui me liront,

Arrêtez de toujours recentrer les débats sur votre pauvre petite condition féminine! Et tâchez donc de guérir de cette paranoïa qui vous ronge...
Je suis père de trois enfants, divorcé, et après avoir été cadre sup dans de grandes entreprises je m'attaque maintenant à ma troisième création de société (je vous rassure les 2 premières fonctionnent toujours) et travaille donc à plein temps.
Je tiens néanmoins à élever moi-même mes enfants, les conduis à l'école, les aide dans leurs devoirs, m'occupe de leur linge, fais les courses et la cuisine, range et nettoie notre home sweet home.
Je ramène l'argent pour faire bouillir la marmitte... et fais boullir la marmitte!
Evidemment, je joue avec mes enfants, ris avec eux, les encourage dans leurs activités, les console parfois... les aime quoi.
Cela ne m'empêche pas de travailler... et si une société ne veut pas de moi, eh bien moi je ne veux pas d'elle... et je me débrouille! Sans en faire un fromage de brebis égarée.
Alors mesdames,
arrêtez de penser en termes de stéréotypes (et quand je dis type...)!
Arrêtez de penser que vous êtes seules capables d'assumer!
Arrêtez de penser que vous êtes nécessairement "sectarisées"!
Arrêtez de penser que les hommes pensent que...
En fait, arrêtez de penser... vivez tout simplement!
Bises à toutes.

Rédigé par Marieflo le 18/03/2008 à 22:16:41 #

Pour répondre à pilou...Ne te désespère pas...
Oui, la "pause BB mal vu" est une spécificité française...On s'en sort si on bosse pour une boite étrangère...
Pour ma part, j'ai fait une pause de 2 ans à l'arrivée de mon second, après m'être rendue compte que dans la semaine, je ne voyais ma fille aînée que 1 heure par jour, sans compter qu'il faut cirer les chaussures de la nounou pour qu'elle ne fasse pas de caprices...
J'ai eu de la chance de pouvoir me mettre en indépendante après être arrêté deux ans, et de travailler pour une société indienne, off shore comme on le dit. Et bien, je n'ai pas caché mon trou du CV, les employeurs indiens m'ont demandé à quoi correspond ce "trou", je leur ai expliqué et cela ne provoque aucune réaction de leur part...La mission s'est très bien passée et ils n'ont jamais fait aucne remarque comme quoi je risque d'être "rouillée"...Grâce à cette expérience "indienne", j'ai pu renouer avec les mastodontes françaises et revenir sur "le droit chemin"...
Comme quoi, les pays qui se croient "civilisés" ont encore beaucoup à apprendre chez les autres....

Rédigé par phil le 18/03/2008 à 22:21:37 #

Vivre tout cela au masculin n'est pas piqué des hannetons!!
pour un homme s'effacer temporairement de sa vie professionnelle c'est un peu se tirer une balle dans le pied..c'est ce que je crois lire dans les yeux des recruteurs qui ont retenus mon CV ...
je crois y lire parfois de la curiosité ... franchement je pense que je suis carbonisé...
inge réseaux et télécom (et plein d'autres dipl) c'est comme si tu es plus bon à rien dans leurs yeux.. tu as tout oublié... comment peux tu maitriser ton métier deux ans après ?... de magnifiques moment avec mes deux petits gars qui sont gâchés par l'idée du retour(impossible)..
Halte au féminisme! aux yeux des recruteurs un homme dans cette situation est un extraterrestre...
Cher recruteurs "téléphone maison!!!! téléphone maison!!!!"

Rédigé par Marie le 19/03/2008 à 01:55:51 #

ben ma pôvr' Pilou, quand on n'a rien de mieux à faire que de s'en prendre aux profs qui défendent la possibilité POUR TOU(TE)S d'avoir une éducation de qualité, faut pas en plus vouloir pour soi toute seule de la compréhension qu'on refuse aux autres...
en un mot comme en 100, ou on s'ébat avec délices dans le "système" qui s'ingénie à dresser les uns contre les autres pour que les quelques hyper privilégiés puissent continuer leur besogne de vautours - ou on analyse, on réfléchit, on pense... à ce que pourrait être un monde vivable pour ses petits et on agit en conséquence.
Conseil d'une presque grand mère qui termine sa vie professionnelle bientôt, et compte bien continuer la bagarre pour que le monde de ses (petits) enfants ne soit pas à ce point pire que celui qu'elle a connu - et ça n'est pas gagné !!!
En toute fraternité, Marie

Rédigé par Louis-Philippe Loncke le 19/03/2008 à 08:09:40 #

Je suis un homme, j'ai quitté mon travail en 2004 pour voyager, faire autre chose...pendant 1 an. Et finalement après un voyage d'un an, je suis revenu chez moi pdt 8 mois (petits boulots, essayé de devenir indépendant) et finalement ras-le-bol de notre mendatilé européenne old-school.
Je suis parti en Australie voir si l'herbe était plus verte, ... elle l'est. Mais je n'ai point réussi à valoriser mes compétences labàs (j'ai fait 4mois de serveur ds un resto, + autres petits boulots).
Revenu en février 2007 avec l'intention de rester, j'ai suivi une formation de 6 mois en informatique réseaux poussée. Au départ je suis ingénieur, Master ne gestion ICT, expertise en gestion de trésorerie et je parle 3.5 langues.
J'ai enfin trouvé une entreprise qui a compris que mon experience avait qqch en plus (ALTRAN), je suis un profil atypique, oui.
Depuis 10/2007 je suis donc consultant et chef de projet IT. Une personne qui n'a pas peur de commencer à 4h du matin, de terminer à 23h et de terminer les deadlines le samedi et le dimanche.
Mes collegues ne comprennent pas pourquoi je bosse tant pour bien faire les choses. Mes patrons sont content de mon travail et j'hérite même de projets critiques et difficiles. Ils comprendront pourquoi tant de travail lorsque je pourrai prendre 6 semaines de congé d'affilée pour revoir mes amis en Australie cet été.
Je crois qu'il faut trouver ce qui a de valorisant dans son expérience "non productive" et montrer de la motivation.

Rédigé par ESPINOZA QUINLAN le 19/03/2008 à 11:01:21 #

En concret, la pénalisation professionnelle après les congés (maternité, parental) existe et concerne autant les hommes que les femmes. Le regard socio-professionnel en France est très sevère concernant le voeu de "rester plus de temps auprès des enfants" ou "le consacrer quelques mois au nouveau né".
Je crois qu'il faut faire évoluer c'est qu'on a compris pour "libération féminine" et l'apporter plus de parité et plus de vraie liberté parce que se dire qu'il faut choisir entre une carrière au futur ou un simple congés de quelques mois c'est un peu accepter le tallon d'Achille de mai 68.

Rédigé par Patrick le 19/03/2008 à 11:04:07 #

Les breaks de carrière, c'est encore plus grave pour les personnes de sexe masculin.

Bien sûr, c'est inadmissible qu'une femme ayant de réelles compétences, soit mise "au rebut", sous prétexte qu'elle s'est occupée de ses enfants pendant quelques années.

Mais quand un Cadre de sexe masculin, se retrouve avec des parents devenus handicapés, et soit le seul de sa famille à s'occuper de ses parents jusqu'à ce que ceux-ci décèdent à des dates différentes, cela devient limite catastrophe. A plus forte raison si ce Cadre (du secteur privé) a un frère fonctionnaire désoeuvré ne faisant strictement rien de sa journée, et trois soeurs dont la seule activité consiste à regarder la télévision, bref un Cadre ayant un sens des responsabilités très poussé, mais ayant la malchance d'avoir des frères et soeurs n'ayant pas le moindre sens des responsabilités.

Et lorsque ce Cadre, après le décès de ses parents handicapés, cherche à retrouver du travail, dur, dur, car la période "garde-malades" est très mal considérée par les employeurs potentiels qui pensent que le Cadre est un "idiot" pour s'être occupé quelque temps de ses parents handicapés.

Il est bien plus facile à une femme de justifier une période "baby-sitting" qu'à un homme de justifier une période "garde-malades", vis-à-vis d'employeurs potentiels.

Rédigé par Agnès M le 19/03/2008 à 11:19:34 #

Cet édito m'a fait sourire (jaune) tellement il est criant de vérité. Ayant grandi à l'étranger, je trouve la position des cabinets de recrutement français particulièrement scandaleuse vis à vis des femmes!
On ne nous passe RIEN!
15 ans d'expérience dans l'industrie pharmaceutique dont 5 ans cadre, des résultats sans tache, une progression constante dans ma carrière dans des entreprises qui font toutes partie du CAC 40 ou du "top ten" des entreprises pharmaceutiques mondiales. Néanmoins après un plan social, je me suis retrouvée, il y a 3mois, à la recherche d'un poste......
Un ex-collègue masculin qui avait été condamné au pénal pour harcèlement sexuel sur une de ses collaboratrices ayant retrouvé un poste très rapidement malgré cet évènement que je pensais désastreux pour sa carrière, je me suis dit que j'allais pouvoir très rapidement rebondir.... ERREUR! J'avais oublié les exactions et les discriminations que les consultants en recrutement (parmi lesquels des femmes) se permettent avec les femmes en France!
Non seulement, on se permet régulièrement de me dire "qu'on ne rentre pas directeur régional directement" (chose qu'on ne dit pas à un homme qui a une telle expérience) mais en plus de ça , on en est à me demander de me justifier sur un break familial qui date de ......1991!!!!!!
Je recherche désormais activement .....à fuir le marché français dont les pratiques sont une véritable honte pour un pays qui se dit "civilisé"!

Rédigé par amelie le 19/03/2008 à 12:17:12 #

Je suis aussi femme ingénieur et je suis aussi en congé parental. C'est affligeant la réalité du monde du travail... Si seulement la pratique du temps partiel chez les cadres était courante, on pourrait continuer à bosser en s'occupant de nos enfants. Avant de prendre un congé parental "total", je voulais revenir à temps partiel dans ma grosse boite d'info, et bien on m'a fait comprendre que y'avait pas de poste pour moi.

Un peu de flexibilité au 21ème siècle, ça ne ferait de mal à personne: télétravail, temps partiel, ça n'empêcherait pas la qualité!

Rédigé par MONNE Françoise le 19/03/2008 à 14:59:26 #

Bonjour à toutes et tous,

Que cela est rassurant de voir enfin les choses évoluer! Après 15 annèes de carrière en tant que Manager Qualité Gestion des risques sanitaires dans le secteur du biomédical et de l'alimentaire; je suis en pleine évolution professionnelle ET personnelle puisque j'ai deux petits bouts à gérer en plus de la maison, d'une formation, d'une association...Bref bien occupée...Mon dilemne c'est que bientôt je vais à nouveau me trouver face aux recruteurs...Et là...Votre article me réconforte à un point!!! Encore merci aux housewives de la perfide Albion, réunies sous la bannière d’un site communautaire.

Rédigé par legendoo le 19/03/2008 à 18:59:46 #

Bravo Sylvia
Cet article et les commentaires ne sont et ne doivent pas être une affaire de sexe.
j'ai une pratique de 20 ans dans les Rh et j'ai vu des femmes et des hommes désemparés face à cet équilibre si fragile entre vie pro et vie perso .
Faites des enfants et après : quelles qualités sont-elles nécessaires pour les élever ?
Résumons une bonne gestion du temps, des conflits, une écoute attentive, de l’empathie, une capacité à s'organiser rapidement, à prendre des décisions, de la rigueur et de la persévérance, bref autant de compétences recherchées dans une annonce pour un chef de projet ,un manager ou une assistante de direction .
Alors le pas à franchir pour les recruteurs n'est pas énorme ; la VAE c'est aussi cela!!
Proposons-leur de mettre en place ce qui existe dans les recrutements par la méthode des habiletés développée par l’ANPE , toutes ces qualités les mères ou pères qui ont choisis de faire un break pour leurs familles ont développé cela . Innovons pour une fois et transposons en VAE ces compétences rares.
Recruteurs, recruteuses , le marché de l’emploi se tends alors diversifiez vous et osez la diversité qui s’incarne aussi ds le profil de la ménagère high potentiel .

Rédigé par Eric le 19/03/2008 à 23:12:57 #

Bonsoir à toutes et à tous,

Premièrement, je tiens à remercier Sylvia pour son travail et son article. Je tiens également à féliciter tous les auteurs de commentaires qui laissent parler leur coeur et qui argumentent au travers de leurs expériences ce type de comportement. Ils sont un vrai "coup de gueule" face au système de recrutement Français.
Toutefois, il convient de relativiser cet article fort bien conçu, mais quand même très féministe.
De plus en plus les "nouvelles générations" d'hommes participent au quotidien du ménage. De plus en plus d'hommes demandent leur congé paternité voire un congé parental. De plus en plus d'hommes se sentent concernés et participent à la construction de la famille. Alors s'il vous plaît mesdames, ne tuez pas cet élan au travers de vos critiques acerbes vis à vis de la gente masculine. Battez-vous, battons-nous pour que l'équité soit respectée (dans le travail, dans la vie de tous les jours, dans la reconnaissance des valeurs), mais s'il vous plaît mesdames, arrêtez de fustiger les pauvres efforts que les hommes font... C'est le meilleur moyen de les dégouter. Aidez-les à prendre plus d'assurance plutôt que de les fustiger, aidez-les à comprendre plutôt que de les critiquer.... car comme disait Confucius : "ne donne pas du poisson à un pauvre, apprends lui à pêcher."
Tout cela pour dire que je partage entièrement la position des femmes, cependant, ce n'est pas avec ces discours féministes que vous rallierez les hommes....

Rédigé par un chômeur le 20/03/2008 à 10:44:18 #

Bel éloge des capacités de la mère de famille et de ses capacités de travail insoupconnées et délibérément ignorées par nos très chers recruteurs.
Il en est de même pour les hommes qui ont eu un accident de carrière, quel que soit l'origine de cet accident.
pour être recruté il faut aujourd'hui avoir un bac + 15, 10 ans d'expérience exactement dans un poste similaire à celui à pourvoir avec la maitrise de tous les outils informatiques utilisés par l'employeur potentiel. Bien évidemment il est aussi indispensable d'accepter un salaire de misère et une situation précaire, cela va de soi. Personnellement je ne réponds généralement pas à plus de 90% des critères requis, ce qui me vaut d'être encore en situation de demandeur d'emploi alors que nos chers recruteurs préfèrent prendre des jeunes qui très souvent ne répondent pas à plus de 10% des critères. J'oubliais, il est vrai que je fais partie des quinquas et que je risque de déranger quelques petits managers quadras ou moins.
Cherchez l'erreur...

Rédigé par recruteuse sadique le 20/03/2008 à 23:11:03 #

Bon, résumons : les recruteuses a sont méchantes et les mamans des gentils bout d'chous, a sont gentilles mais stigmatisées par les vilaines recruteuses, bouh ! Au fait, que se passe-t-il si on est les deux à la fois, ça existe vous savez Sylvia ?

J'aurais presque ri à la lecture de l'article (tant de poncifs et d'approximations empilés, c'est rare), mais les commentaires sont tellement effarants que je me demande s'ils sont vrais, je veux dire s'ils émanent de "vraies personnes" ; c'est pas possible, c'est bidonné non ? Il reste Ipok et Vicnent pour dire des choses sensées mais c'est sans doute parce qu'ils représentent les affreux-exploitateurs-ultra-privilégiés, les salauds !

Alors Mesdames, si vous croyez vraiment qu'une mère (en entretien, on est prié de ne pas se vautrer dans les "mamans" et autres "bambins et bout de chou", évitez de brandir votre mièvrerie en étendard) est une "manager hyper spécialisée qui sait gérer des personnalités difficiles",tout ça parce ce qu'elle élève ses enfants, comme des générations de femmes avant elle, eh ben je suis un peu inquiète pour votre avenir professionnel, non, sans déconner, ça va pas le faire, surtout si votre job de mère vous occupe 63 heures par semaine lol !!!...

Rédigé par Maine le 21/03/2008 à 11:30:05 #

Bon...j'ai lu les 1ers commentaires après l'article bien sûr. je suis comme vous tous et toutes, concernée et désespérée par la situation. Ceci dit, que faire pour y remédier! Je lance un appel à ceux ou celles qui veulent bien brainstormer avec moi pour réfléchir à un moyen de présenter ces années de soi-disant inactivité comme au contraire des années de super activité qui nous enrichissent et nous rendent parfois sur-motivé(es) pour ré-intégrer le milieu de l'entreprise. Plutôt que d'avoir honte, ne faudrait-il pas au contraire mettre en avant ces années et, commme on le fait pour une expérience pro, en extraire et démontrer les bénéfices ?
Je suis prête à créer une association, un site web, alerter les médias....bref, BATTONS NOUS pour être considérées comme les autres!!!
Voilà mon cri de révolte! Virginie joignable via email virginie.maine-AT-laposte-DOT-net

Rédigé par Florence le 21/03/2008 à 12:31:03 #

Bravo Sylvia pour ce brillant discours ! la vie des housewifes est effectivement un parcours du combattant et elles ont beaucoup de mérite. Idem lorsqu'il s'agit d'un homme quand il cesse de travailler pour s'occuper de sa famille, car il a en plus à s'affranchir de l'image traditionnelle que la Société a de lui... homme au boulot, homme qui fait vivre sa famille, etc...
Pour la "recruteuse sadique "... et oui, ce sont peut-être des clichés, "poncifs" et autres "approximations empilées", mais ils sont réels, c'est exactement de cela dont il s'agit... Je ne pense pas que les femmes en cours d'entretien d'embauche s'amusent en général à se "vautrer" sur leurs histoires de pots, bobos et autres biberonnages, ne nous racontez pas d'histoires, elles sont sûrement trop occupées à prouver justement le contraire !
Donnez leur donc juste une chance dans vos cabinets de recrutement, à ces femmes qui ont mis leur vie professionnelle entre parenthèses pendant quelque temps, elles ont acquis sûrement une richesse et une maturité que n'ont peut-être pas les autres... Faites leur confiance et ... un conseil, faites-en de même !!! lol

Rédigé par Maine le 21/03/2008 à 12:35:11 #

J'aimerai bien voir la "recruteuse sadique" en recherche d'emploi après une interruption de carrière.... Le fait est que Sylvia attire l'attention sur une difficulté réelle des chômeurs hommes ou femmes à retrouver une vie dans l'entreprise après un break.
La question est, comment présenter ce trou dans le CV? ....et pourquoi pas retourner la situation à son avantage ???
Madame la recruteuse, je vous trouve bien négative et très peu constructive....

Rédigé par eric le 24/03/2008 à 20:05:24 #

Oui OK pour les mamans, mais plus généralement il n'y a pas que les femmes qui recherchent "l'équilibre vie privée vie professionnelle" j'aimerai juste faire part d'une expérience personnelle au Canada...Le marché de l'emploi y est différent mais après 17 heures, personne ne conçoit que vous restiez au bureau...quoi il n'a pas de vie de famille ?
Faisons la part des choses et arrêtons l'hypocrisie. Si nous travaillons, ce n'est pas pour booster la holding mais pour vivre...sauf les quelques desaxés qui compensent je ne sais quelle névrose et pourrissent leurs vies et celles de leurs collaborateurs besogneux au passage. Nous vivons dans un des pays les plus riches au monde, à quoi cela peut-il servir si ce n'est pas pour contribuer au bonheur de la population ... Combien de cadres vont-ils encore risquer de divorcer parce qu'ils n'ont plus le temps ou l'esprit disponible pour leur famille ? Pour moi il n'y a pas d'arbitrage à faire entre vie privée et vie professionnelle cette dernière est simplement au service de celle qui a du sens...

Rédigé par Odile Dufour le 25/03/2008 à 10:22:04 #

Spécialiste du break professionnel pour avoir suivi un mari régulièrement muté (et éviter de re-divorcer!), j'ai tout testé en matière de recrutement et n'en déplaise à la recruteuse sadique, l'article de référence est bien réel! Je suis pourtant diplômée bac +5, très occupée en période d'inactivité pro (conseil d'admin, asso...), mère de famille et pas dame patronesse pour 2 sous...
La seule solution que j'ai trouvé pour éviter de tourner en rond a été... de rentrer comme salariée dans une assoc de réinsertion pro pour mettre aux services des femmes et des hommes, en break pro pour des raisons diverses et variées, mes compétences issues de mes confrontations avec les requins du recrutement!
Parce que si la société française n'accepte pas les breaks des cadres... je n'ose vous parler de ceux des non-diplômés!
Alors bien entendu, adieu salaire, et reconnaissance de mes pairs, mais bonjour épanouissement personnel, heures à gogo, responsabilités maximum, analyses de postes, démarches commerciales ...
C'est aussi cette maturité là qu'on trouve dans le break professionnel!
Aujourd'hui, je me lance à mon compte dans le coaching professionnel pour remettre sur les rails de la motivation les "breakers" fatigués de se faire refouler par les recruteurs qui n'ont rien compris!
Bon courage à tous!

Rédigé par Mahaut le 25/03/2008 à 12:06:00 #

Et si on prenait la lorgnette par l'autre bout ? OK, 1 homme = 1 femme, en termes de droits et de devoirs. Si, à niveau et expérience équivalents, cette égalité tient toujours dans le domaine professionnel, il n'en reste pas moins vrai que ce sont encore les femmes qui portent les bébés. Et qu'une véritable parité devrait tenir compte de ce curieux phénomène de la nature, au lieu d'exiger des femmes le même parcours professionnel que celui des hommes! Repousser une carrière professionnelle pour éduquer ses enfants n'est pas une imbécillité mais un acte responsable et généreux.Rien à voir avec un désintérêt pour la vie professionnelle (c'est souvent l'idée de reprendre celle-ci après avoir rempli cette mission d'éducatrice qui m'a souvent aidée à dépasser les moments difficiles).Faire efficacement chaque chose en son temps est souvent la meilleure voie pour atteindre, l'un après l'autre, nos objectifs les plus ambitieux! Voyons large : à l'échelle d'une vie, pas à celle d'une poignée d'années !

Rédigé par Et Cetera le 26/03/2008 à 01:57:34 #

Moi, j’aimerai bien avoir quelques infos sur la situation personnelle de la recruteuse sadique. Par exemple, quel âge elle a, comment elle élève ses gosses, et comment elle a été élevée par sa propre mère, et est-ce que cette dernière travaillait ou pas…

Alors elle n’aime pas le pathos, elle trouve ça mièvre ? Bon, c’est son droit, tant qu’elle recrute pas pour des employeurs qui en font… J’en connais un paquet ! J’en ai vu des hommes qui parlent de leurs sentiments à tort et à travers, que c’est indécent…

Quant à la gestion des personnalités difficiles, eh bien c’est une qualité que toutes les mères n’ont pas, c’est certain, et qui est très utile pour élever des gamins. Alors le débat, ça pourrait être, est-ce que connaître le management en entreprise aide à élever ses enfants, et vice-versa. Parce que j’en ai connu, des enfants maltraités par une mère simple employée et incapable de gérer ses propres émotions, sans parler des médicaments qu’elle absorbe et qui doivent pas aider beaucoup. Et j’en ai aussi entendu, des pères managers caractériels et/ou stressés par leur vie professionnelle et qui hurlent sur leurs gosses autant que sur leurs employés et cadres, tout en faisant des sourires hypocrites à leur direction…

Rédigé par Et Cetera le 26/03/2008 à 02:01:43 #

(suite)
Ouais, ça fait des générations que les parents élèvent leurs enfants, mais enfin, c’est pas toujours une réussite ! Encore un exemple cruel : que penser d’une mère qui s’occupe si bien de ses gosses qu’elle pense qu’ils ont jamais de problèmes, contrairement à elle qui travaille et tout, au point qu’elle fait pas trop attention à ce qu’ils disent et passe complètement à côté d’une situation de pédophilie claire et traumatisante à vie, tout en déclarant à tout le monde que si on touche à ses enfants, elle hurle… Alors j’espère qu’elle élève bien ses gosses, la recruteuse sadique !

Et pour ipok : c’est pas qu’on a absolument besoin de penser, c’est qu’après s’être vu refuser un certain nombre de promotions et de devoir ramer sans cesse beaucoup plus que les hommes pour monter dans la hiérarchie ou sortir du chômage, on finit par se poser des questions légitimes et par constater quelques incohérences et différences de traitement entre hommes et femmes, ce que vous n’avez peut-être pas remarqué, tout persuadé que vous êtes d’avoir bien mérité vos postes de cadre sup dans de grandes entreprises… si vous étiez une femme, avec les mêmes compétences, vous n’y seriez probablement pas parvenu. Et dans ce cas, comment auriez-vous trouvé les fonds pour créer vos entreprises ? C’est pas de la sectarisation, c’est une constatation.

Rédigé par Et Cetera le 26/03/2008 à 02:04:00 #

(et fin)
Toujours pour ipok : Essayez d’ouvrir les yeux… Les 20% de différence de salaire, et plus quand on monte dans la hiérarchie, vous l’avez pas remarquée ? Vous avez pas vu que ça se construit dès les premières années de vie professionnelle, ce décrochage, avec ou sans enfants, d’ailleurs ? Votre discours fait vraiment bidon et pontifiant. Et tant qu’on y est, je veux pas de votre bise, je trouve que c’est une forme de phallocratie, très en vogue actuellement, certes, mais c’est pas une raison.

Rédigé par recruteuse sadique le 27/03/2008 à 22:47:05 #

Et Cetera, que vous le vouliez ou non, vous apportez de l'eau à mon moulin : en effet, les mères n'élèvent pas toujours bien leurs enfants, surtout celles qui versent le plus dans le cliché du "retenez-moi ou je fais un malheur", et c'est tout l'air de l'époque que de vouloir à tout prix protéger ses enfants en ignorant de quels dangers réels on doit les protéger et comment on doit les aider à se construire pour savoir s'affirmer et se défendre.

Et le débat que vous appelez de vos voeux dans votre premier message, il me semble que vous y apportez une conclusion éclatante dans les lignes qui suivent.

Ce que je reproche à ce que j'ai pu lire ici, c'est une fois de plus le relativisme triomphant et assumé qui consiste à jeter des passerelles improbables et non pertinentes. Bien élever ses enfants est un champ de compétences magnifique, aléatoire et spécifique, qui n'implique pas, malgré les raccourcis grotesques de la journaliste et le choeur des commentateurs, une translation dans le champ professionnel, vous le dites vous-même (cf. §3 de votre premier message).

Je regrette d'avoir ravivé en vous le spectre de situations manifestement douloureuses et je réalise que j'aurais dû me taire ; les personnes à qui je m'adressais ne peuvent déjà plus remettre en cause leurs certitudes et leur inclination à la victimisation, ce n'est pas votre cas, je regrette donc de vous avoir blessé(e?).

Rédigé par recruteuse sadique le 27/03/2008 à 23:09:14 #

Quant aux questions directes que vous me posez, j'y répondrai rapidement, ma vie ne différant pas de celle de la plupart de mes contemporaines. J'ai 41 ans, ai reçu une "éducation" lacunaire d'une mère qui travaillait dur et se sentait seule responsable de ses peines et gratifications professionnelles. Mes deux grands-mères ont également travaillé toute leur existence.

J'ai un mari brillant et bosseur, qui gagne "forcément" trop bien sa vie, je travaille sans songer à une quelconque carrière, juste pour me sentir utile et productive, pensant ainsi prendre une assurance au cas où l'éducation de mes filles (17 ans) se révèlerait un naufrage complet. La chance ne se penchant que sur la canaille, il se trouve, par le plus grand des hasards (désolée, l'ironie me reprend), que ma progéniture grandit plutôt bien : pas d'actes délictueux, pas de consommation aberrantes de substances addictives, une scolarité parfaite, une entente familiale reposante et enrichissante. Il faut reconnaître que j'ai appliqué des recettes simples : certains "non" ne sont pas négociables, une interdiction est immédiatement suivie d'effets en cas de transgression, l'autorité des profs est reine ; c'est basique mais ça marche. Désolée pour ce catalogue digne d'un d'adjudant-chef, vous aurez compris que je n'ai rien d'une progressiste et que le concept de responsabilité individuelle me semble insurpassable pour la survie de notre civilisation.
Bien à vous

Rédigé par Pollux le 01/04/2008 à 17:08:08 #

Bonjour,

Que les femmes ou les hommes élèvent bien ou mal leurs enfants n'est pas la question.
La question est :
- A t'on le droit de faire un break, qu'il soit bon ou mauvais, sans être matraqué par la morale d'entreprise ?

- Doit-on impérativement tout réussir pour progresser en entreprise ?
Ma longue expérience montre que non. Et je ne parle pas que de moi !

Le "fait" que l'on soit "victime" nous donne tout à fait le droit de se plaindre.
Et se plaindre veut-il dire que l'on est des moins que rien ou des ratés ?
Etre temporairement ou définitivement dans une situation d'exclusion veut-il dire que nous sommes démotivés, irresponsables ?

J'ai été longtemps chercheur en R&D et les solutions arrivent de la ou on ne les attend pas, forcément, sinon on serait toujours des Einstein.

Et qui trouve ? Qui ?
Celui qui a voyagé, qui a breaké, qui a rêvé, qui a appris un petit peu d'harmonie musicale et qui trouve que ça passe pilepoil dans un protocole GSM, par exemple !!!!
Pourquoi dans les labos on trouve plus que les autres ? Ou on arrive plus vite au résultat en commençant plus lentement ?

Parce que l'on fait appel à des gens qui savent plus d'une chose même si tout n'est pas pro !

Rédigé par Pollux le 01/04/2008 à 18:28:02 #

Bonjour,

Que les femmes ou les hommes élèvent bien ou mal leurs enfants n'est pas la question.
La question est :
- A t'on le droit de faire un break, qu'il soit bon ou mauvais, sans être matraqué par la morale d'entreprise ?

- Doit-on impérativement tout réussir pour progresser en entreprise ?
Ma longue expérience montre que non. Et je ne parle pas que de moi !

Le "fait" que l'on soit "victime" nous donne tout à fait le droit de se plaindre.
Et se plaindre veut-il dire que l'on est des moins que rien ou des ratés ?
Etre temporairement ou définitivement dans une situation d'exclusion veut-il dire que nous sommes démotivés, irresponsables ?

J'ai été longtemps chercheur en R&D et les solutions arrivent de la ou on ne les attend pas, forcément, sinon on serait toujours des Einstein.

Et qui trouve ? Qui ?
Celui qui a voyagé, qui a breaké, qui a rêvé, qui a appris un petit peu d'harmonie musicale et qui trouve que ça passe pilepoil dans un protocole GSM, par exemple !!!!
Pourquoi dans les labos on trouve plus que les autres ? Ou on arrive plus vite au résultat en commençant plus lentement ?

Parce que l'on fait appel à des gens qui savent plus d'une chose même si tout n'est pas pro !

Rédigé par RTT 35 + 5 le 01/04/2008 à 19:28:26 #

(suite 2) PS : Comment raconter une autre vie réelle avec les mêmes mots que ceux employés par l’internaute RS (recruteuse s..) dans son dernier courriel / 2ième paragraphe (mon mari….) ? La seule différence, (aucun reproche d’ailleurs à RS), c’est que dans mon cas, (comme l’internaute Patrick), je pourrais traduire des faits ou des affirmations, des certitudes analogues, (les miennes donc), alors que j’avance (pour ceux que j’aime (c’est mon choix oui mais aussi l’article 205)) en me battant pour eux (mes ascendants, inversion des rôles par rapport aux parents vis à vis des enfants) au quotidien avec les pieds sur terre mais sans gagner (ni pouvoir en les circonstances) gagner ma vie, alors là est toute la différence, car eux (mes parents) comme moi-même devons faire face et n’avons pas choisi la forme dirons nous de défaillance liée à l’âge en l’occurrence et la santé alors que tout allait bien la veille des 67 ans, ils en ont maintenant 88, le double de mon âge…... Comme quoi, avec les mêmes mots, je ne détiens, ni personne, la vérité sur ce qu’est une vie professionnelle / personnelle / famille/ etc( ?), ou ce que doit être la vraie vision de la vie (comportement, etc….) afin que personne ne reproche ou réclame quoi que cela soit à quiconque, un monde parfait en une seule vision, mais cela n’existera jamais, et surtout pas plus la « solution » de la femme highpotential que quiconque autre de quelque sexe. (suite 3)

Rédigé par RTT 35 + 5 le 01/04/2008 à 19:29:41 #

(suite 3) Cordialement, de la part d’un homme, célibataire par choix, (ne piquant ni les femmes ni les maîtresses des autres), également aux principes d’exigences envers soi d’abord avant de l’être envers les autres, et du sens de la responsabilité individuelle et collective, y compris en priorité de sens du devoir et non pas du droit en premier, 44 ans, Bac + 10 ingénieur via classes prépa maths sup/spé et 3ième cycle niveau 1 « gestion et management stratégique », 15 années d’industrie en modeste gestionnaire d’équipe projets d’industrialisation et travaux-neufs, avant ma deuxième vie d’accompagnement « maintien de l’autonomie de vie de mes ascendants » (ils ne m’ont rien demandé, mais c’est un devoir moral pour moi au delà dudit article 205), 21 années déjà sur 44, cela commence n’est-ce pas, tous les week-end (choisis) pendant 17 ans depuis l’âge de 24 ans en parallèle du job en semaine 5 jours sans RTT 16h/j et 5 semaines de CP à l’époque, et 24h sur 24 depuis 4 ans et demi. L’essentiel, c’est d’y croire, même si la société vous ignore y compris législativement parlant (on est pas dans les pays nordiques ici malheureusement, alors en plus, un homme, bonsoir l’image et l’inexistence sociale en telle circonstance lorsque pour reprendre l’expression de l’internaute Patrick, l’on fait le « garde-malade », ou en plus actualisé « l’aidant familial » où les dites assurances ne sont pas forcément des puits sans fond lorsque le maintien en institution peut atteindre dans notre cas du fait d’une pathologie lourde de 21 ans déjà d’évolution par phases lentes mais lourdes du 4000 à 5400 €/mois, (pas du 1500 à 2000 € avec ou sans APA (pas d’APA dans notre cas) pour une personne encore «valide » pour les initié(e)s dudit sujet), c’est aussi cela une tranche de « vie », quel que soit ce que l’autre pense. (suite 4).

Rédigé par RTT 35 + 5 le 01/04/2008 à 19:30:54 #

(suite 4 et fin) : Alors, quels que soient vos problèmes et vos visions respectives de ce qui serait bien ou pas, bonne santé d’abord à toutes et à tous, c’est le seul souhait inestimable que je peux oser formuler. Et Patrick, bon courage pour la reconstruction, car nous, hommes, ignorés dans ce rôle même choisi d’aide à proches en perte d’autonomie en inversion des rôles et sens aigu de la responsabilité, la société nous ignore strictement…… L’essentiel est de croire jusqu’au bout à ce que l’on aura fait selon ses convictions, de là à le mettre dans un cv, même en utilisant au quotidien toutes les dimensions de savoir faire, savoir, et savoir être, il faudra vraiment attendre longtemps pour oser se représenter devant un recruteur français, ou alors, espérer migrer dans un pays de type nordique. Cordialement. RTT 35 +5. (traduction de mon pseudo « RTT 35 + 5 » : retour au travail (même) temporaire après 40 ans, car j’ai vécu 8 ans avant l’internaute « jean Claude » la même histoire que lui, d’ou j’en déduit qu’en France, en 2008, rien n’a changé par rapport à l’aune du 21ième siècle, trop diplômé, et si expérience > = à 10 ans d’exp, senior bye bye direction poubelle…..dure dure aussi, la première phase de vie, et vous voyez mesdames, aussi pour les hommes). RTT 35 + 5.

Rédigé par Sacha le 08/04/2008 à 12:56:59 #

Je suis une Ménagère et cela depuis un bail et c’est vraiment le statut que je préfère.
Entre autres, je suis mère de deux ados, écrivain, journaliste, blogeuse, amoureuse, cuisinière, copine de toujours, cinéphile et inconditionnelle lectrice sans parler d’un boulot alimentaire chronophage.

Autant dire que cela comble mes journées, nourrit ma maisonnée et les anecdotes quotidiennes alimentent mon indispensable imaginaire pour écrire ou informer selon le cas en la demande.

Un type , portant quasiment le même prénom que le Juda de Néo, a attiré toute mon attention et je suis effarée par les propos hilarants déguisés en intelligence.
Le champion du monde du "moi-je" nous indique la forme de sa résilience.
Abandonné avec 3 enfants, il bosse, crée un holding, torche les fesses de la dernière et fait la vaisselle sans la pollution de la culture plaintive et féministe.
Je réclame une statue gigantesque (rapport au complexe freudien décelé ici), un ordre du mérite du Père de l’Année à Monsieur Ipok.

Je suis partisane de la reconnaissance des êtres méritants. Mon père veuf avait assumé jadis 6 enfants, l’intendance de la maison et la gestion de l’entreprise familiale. Donc la moquerie s’adresse au ton dont vous affublez vos propos.

Ce que je vous reconnais ne retire malheureusement pas la récurrence des propos quant aux conditions des femmes dans l’entreprise. Je vous recommande quelques lectures avisées dont le dernier Simone Veil. Les chances pour les femmes procèdent trop du hasard et pas de l’égalité. Quant à s’extraire des mouvements de la cité où se trouvent les écoles et les hôpitaux, il ne serait pas sain d’en admettre la stupidité.

Les priorités masculines et féminines diffèrent souvent et c’est cette différence qui est à chérir, aussi subtile qu’elle puisse paraitre souvent.

Quant à vivre, Monsieur Ipok ! Souvent, le plus longtemps possible, en riant, le chignon défait comme après l’amour, croquant à pleine dent la pomme d’Adam en faisant la moue un brin chipie.

Je souhaite lever mon verre, Monsieur Ipok, à ces armées de recruteurs qui, à force d’aveuglement, habillent les entreprises sans élégance en s’enivrant de la beauté des avatars des bombes pipoles.

Tchin, tchin !!

Rédigé par Et Cetera le 13/04/2008 à 15:23:41 #

Pour la recruteuse sadique :
Le §3 de mon premier message dit plutôt que les gens qui ne savent pas élever leurs enfants sont souvent aussi de mauvais professionnels, mais que si ce sont des hommes, cela ne bloque pas leur accès aux responsabilités !
Etant donné que dans votre premier message, vous trouviez les interventions d’Ipok et de Vincent pertinentes, contrairement aux autres, je me demandais qui vous étiez exactement,et notamment ce que vous aviez comme "vécu". Et votre réponse semble indiquer que votre vie est sans problème majeur, par chance ou par compétence, peu importe, au fond. Et comme vous vous avouez non ambitieuse, vous rencontrez peut-être aussi moins d’obstacles qu’une femme ambitieuse. Moyennant quoi, votre point de vue paraît fortement influencé par ce que vous connaissez directement et non pas par la prise en compte de l’éventail des possibles.
Il ne s’agit pas du tout de "raviver le spectre de situations douloureuses" chez qui que ce soit, car votre situation n’est pas si commune (faites donc un calcul en % de la population). Il s’agit de savoir envisager qu’il existe autre chose que votre façon de vivre et votre point de vue, et de se comporter en conséquence, ce qui, pour une recruteuse, serait fort utile. Ou alors vous ne recrutez que des gens qui vous ressemblent pour des employeurs qui vous ressemblent… Microcosme, microcosme. Mais alors, et la diversité ? A vous lire, et bien qu'on manque un peu d'éléments, on ne peut que s'interroger.

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